Des roues pour penser
La "Vision du char" d'Ézéchiel, modèle visuel de l'intelligence au Moyen Âge
Véronique Rouchon Mouilleron
- Pages: 514 p.
- Size:156 x 234 mm
- Illustrations:24 b/w, 113 col.
- Language(s):French
- Publication Year:2026
- € 120,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
- ISBN: 978-2-503-61153-2
- Paperback
- Available
- € 120,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
- ISBN: 978-2-503-61154-9
- E-book
- Available
Support circulaire de tout véhicule en mouvement, la roue est aussi pour les savants du Moyen Âge une modélisation des opérations de la pensée, une représentation de l'intelligence en acte.
Maître de conférences HDR en histoire du Moyen Âge à l'université Lyon2, VRM est ancienne élève de l'École normale supérieure (Paris) et agrégée de lettres classiques. Elle a été formée en histoire de l'art à la Scuola Normale Superiore de Pise, puis à l'université de la Sorbonne. Ses principaux domaines de spécialité sont l'histoire de la culture visuelle, plus spécialement en Italie et en France entre XIIe et XIVe siècles, l'étude des manuscrits enluminés et l’iconographie historique.
Le Moyen Âge a utilisé des diagrammes de toute forme en tant qu’outils cognitifs. Parmi eux, le graphique circulaire (qualifié de roue, ou « rota », dans son acception médiévale) vaut de manière plus englobante comme une figuration de toute opération mentale. Le succès de ce modèle graphique de la roue dérive du début du livre biblique d’Ézéchiel, connu sous le nom de « Vision du char » de Yahvé, où le prophète voit apparaître un être à quatre têtes (d’homme, d’aigle, de lion et de veau) monté sur une roue, puis deux, puis quatre, qui sont mues en un mouvement perpétuel et centrifuge. L’image, qui a beaucoup intrigué les pères de l’Église, a servi à illustrer la concordance entre l’ancien et le nouveau Testament, et aussi la relation entre l’Écriture et son lecteur. Reprise et développée par les savants médiévaux, cette idée est comprise, au-delà de sa visée exégétique, comme un modèle de tout processus interprétatif. L’enquête sur ces « rotae » s’est efforcée de suivre la réception de cette première Vision d’Ézéchiel à travers une série de commentaires chrétiens jusqu’au xive siècle, en cherchant toujours, conjointement, la matérialisation de ces commentaires dans le domaine visuel. En accordant autant que possible une part égale aux textes et aux images, cet ouvrage veut restituer toute sa densité à une histoire culturelle capable de mettre en contact étroit histoire intellectuelle et histoire visuelle.
Remerciements
Préface
Abréviations
Introduction
Chapitre 1 : La vision du « char de Yahvé »
1. Chercher le char
2. Les animalia : Tétramorphe ou Quatre Vivants ?
3. L’élément discriminant : les roues
Chapitre 2 : Des roues pour l’exégèse jusqu’au XIe siècle
1. La roue des premiers Pères
2. Les Homélies de Grégoire sur Ézéchiel
3. Roues grégoriennes du haut Moyen Âge
Chapitre 3 : La roue au xiie siècle : entrée en scène
1. Expériences visuelles entre Rhin et Meuse
2. Pratiques scolaires dans la France du Nord
3. À l’école d’Étienne Langton
Chapitre 4 : Exégèses à l’œuvre : deux cas d’étude visuelle
1. L’exégèse de Grégoire dans la Bible de Floreffe
2. Histoire et allégorie : Ez. 1 dans la Bible Moralisée
Chapitre 5 : Figures du Calabrais Joachim de Flore
1. Ezechielis rotis diligenter inspectis
2. Une autre leçon : les Praemissiones
Chapitre 6 : Roues scolastiques et frères mendiants
1. Lectures d’Ez. 1 chez Hugues de Saint-Cher
2. « S’avancer au milieu des roues », un modèle pour les études
Chapitre 7 : Une version monumentale : la coupole du baptistère de Parme
1. Architecture et dispositifs visuels
2. La médiation franciscaine
Chapitre 8 : Ézéchiel à Avignon
1. Une nouvelle exégèse des roues : le traité d’Enrico del Carretto
2. Opicino de Canistris ou la roue au risque de l’obsession
Conclusion
Annexes
