Book Series Epitome musical

Musique, sexe et dévotion

Les images marginales des livres dévotionnels (XIIIe-XIVe siècles)

Martine Clouzot

  • Pages: 108 p.
  • Size:110 x 180 mm
  • Illustrations:25 b/w
  • Language(s):French
  • Publication Year:2023


Temporarily Out of Stock
  • € 20,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
  • ISBN: 978-2-503-60583-8
  • Paperback
  • Temporarily Out of Stock


Images et musiques des corps interrogent les sexualités et le genre, l’obscénité et la convenance, la norme et la transgression dans la société médiévale.

BIO

Martine Clouzot est professeure en histoire du Moyen Âge à l’Université de Bourgogne-France Comté (Dijon). Dans le domaine de l’anthropologie historique, elle étudie les images de la musique dans les manuscrits enluminés du Moyen Âge (XIIIe-XVe s.). En histoire sociale, à partir des textes et des archives, elle s’intéresse aux statuts des joueurs d’instruments dans la société médiévale. Ses recherches sont aussi tournées vers l’interdisciplinarité entre les SHS, les sciences du vivant, mais aussi l’IA (textes et images) dans le cadre de programmes collectifs.

Summary

Point de pudibonderie, ni de puritanisme hypocrite dans les enluminures des livres de dévotion médiévaux. L’association des instruments de musique, de l’obscénité et des métaphores homo- et hétérosexuelles caractérise les décors des marginalia de la majorité des manuscrits dévotionnels des XIIIe et XIVe siècles. Les « drôleries » musiciennes et érotiques en sont des ornements communs et répandus dans les psautiers et les livres d’heures des laïcs et des clercs. Ceux-ci en sont d’ailleurs les concepteurs, lettrés pourtant garants de la morale sexuelle.

De nos jours, ce paradoxe étonne d’autant plus que ces livres de prières sont à l’usage des femmes de l’aristocratie, qu’elles soient fiancées, épouses, amantes, veuves, abbesses ou moniales. Il contraste certainement avec l’idée que l’on peut se faire des cultures savantes et des pratiques religieuses du Moyen Âge.

Or, c’est sous l’autorité de l’Eglise que images et musiques des corps interrogent les sexualités et le genre, la norme et la transgression,et par-là, le corps et l’âme et la place de l’humain dans le monde créé;  A contre-courant, peut-être, des idées préconçues sur le Moyen Âge, leur audace invite à réfléchir sur les rapports aux images et au religieux dans la société médiévale, et par ricochet dans celle d’aujourd’hui.