Book Series Histoires de famille. La parenté au Moyen Age , vol. 14

Les stratégies matrimoniales (IXe-XIIIe siècle)

Martin Aurell (ed)

  • Pages: 363 p.
  • Size:156 x 234 mm
  • Illustrations:39 b/w, 32 tables b/w.
  • Language(s):French, English
  • Publication Year:2013

  • € 85,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
  • ISBN: 978-2-503-54923-1
  • Paperback
  • Available
  • € 85,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
  • ISBN: 978-2-503-55033-6
  • E-book
  • Available


Review(s)

"There is a great deal of detailed and complex material in this book, and anyone writing on medieval family and marriage for the next few decades will want to consult it. The footnotes alone would be worth it even if nothing else." (Constance B. Bouchard, in: The Medieval Review 14.09.30)

"The volume focuses attention on a highly important subject, and the best papers in the collection open up a range of novel approaches to it. Quite apart from this, one can only applaud the efforts which have been made to bring diverse scholarly communities together. All in all, it is a valuable, if variable, volume of essays." (G. Perry, in: English Historical Review, 130.544, June 2015, p. 696-697)

"Ohne in Einzelheiten zu gehen, lässt sich der Band als gelungen, informativ und ertragreich beschreiben (...)" (Gerhard Lubich, in: Deutsches Archiv für Erforschung des Mittelalters Band DA 71-1, 2015, p. 377-378)

Summary

Depuis une soixantaine d’années, le structuralisme a mis l’alliance au coeur de l’étude de la parenté. S’inspirant de l’anthropologie, les historiens tentent ainsi de dégager les règles qui président à l’échange de femmes entre les familles médiévales. Ils sont cependant conscients de la spécificité du Moyen Âge, où le mariage est fortement infl uencé par le christianisme, par le droit romain, et plus généralement par des normes écrites et abstraites dépassant le pragmatisme quotidien des chefs lignagers. Il est vrai qu’au sein de l’aristocratie, les pratiques matrimoniales ont longtemps obéi à des logiques patrimoniales. Le douaire, apporté par le mari, ou la dot, cédée par les parents de la mariée, « font » traditionnellement le mariage. Du reste, l’alliance est trop souvent conclue pour entériner une trêve entre deux troupes ennemies, pour faciliter l’ascension d’un guerrier fidèle que son seigneur récompense par la main de sa fille ou pour obtenir un parti prestigieux. Elle participe donc de l’effort d’une parentèle pour prendre et pour conserver le pouvoir. Elle réduit la future épouse, et peut-être aussi son jeune fiancé, au rôle de l’actrice passive des décisions prises par les aînés de la maison. Aussi solide et enraciné qu’il puisse paraître, ce modèle cède, du moins en partie, aux valeurs évangéliques véhiculées par le clergé savant : unicité, indissolubilité, consensualisme, exogamie extrême… Une telle acculturation (ou plutôt « inculturation », adaptation du christianisme à une société donnée) ne se fait pas sans heurts. Il en va de même avec le remplacement des coutumes germaniques par le droit romain renaissant, qui impose la dot au détriment du douaire. Ces mutations n’interviennent pas seulement dans les pratiques des nobles, mais aussi dans leur imaginaire et dans leurs mentalités. Elles sont particulièrement à l’oeuvre entre les IXe et XIIIe siècles où l’alliance prend à jamais un nouveau visage.

Professeur d’Histoire du Moyen Age à l’Université de Poitiers, Martin Aurell dirige la revue Cahiers de Civilisation Médiévale. Il a été membre de l’Institut Universitaire de France (2002-2012) et de l’Institute for Advanced Studies de Princeton (1999). Ses recherches portent sur la parenté, les relations entre la littérature de fiction et la société, la chevalerie et les structures du gouvernement au Moyen Age. Derniers livres parus : Le Chevalier lettré : savoir et conduite de l’aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles, Paris, Fayard, 2011, et Des Chrétiens contre les croisades (XIIe-XIIIe siècle), Paris, Fayard, 2013.