"(...) [the author] has produced a penetrating study of a much neglected facet of religious life in Republican Rome - indeed un prodige in its own right." (John Bollan, in: Journal of Roman Studies, 102 (2012), p. 341-342)
Summary
Amongst the rites for procurating prodigies, those ominous signs
of divine anger, the supplication holds a special place. A lavish
ceremony in which not only the priests but the whole Roman people
took part, it gathered men, women, and children who were due to
visit all the sanctuaries of the City in order to address their
prayer to the gods, according to a religious rhetoric where verbal
request and body language were associated. Through the supplicatio,
‘self-abasement’ rather than a properly
‘kneeling’ rite which a much debated etymology
suggests, Roman people intended to placate deities of whom they
acknowledged in the same way as the undeniable superiority.
The purpose of the present work is to define this rite, regarding
the people, the places and the various elements it involved. At the
same time, the point is also to clarify the controversial origins
of a ceremonial traditionally related to the ritus Graecus. Quite
similar to the supplication ‘between human people’ with
which it shares most of its ritual elements, the religious
supplication seems to have been influenced by the ritus Graecus and
the practices which come under it, without asserting, though, a
Greek origin. Complexity and contradictions characterise, as well,
the supplication which, without breaking thoroughly with the
austerity of ancestral rites, still belongs to the typically Roman
procuration. Officially attested since the fifth century B. C.,
this rite disappeared in the last century of the Roman Republic,
just as the notion of prodigy changed, under the influence of a new
way of thinking.
Caroline Février is maître de conférences
in Latin language at the University of Caen. Her research work
focuses mainly on Roman religion. Her doctoral thesis and several
of her articles are devoted to the expiation of prodigies.
Parmi les rites de procuration des prodiges, ces signes funestes
de la colère divine, la supplication tient une place
à part. Cérémonie fastueuse à laquelle
prenaient part non seulement les prêtres, mais tout le peuple
de Rome, elle convoquait hommes, femmes et enfants, appelés
à visiter l’ensemble des sanctuaires de la Ville pour
adresser aux dieux leur prière, suivant une
rhétorique religieuse qui associe à
l’imploration verbale le langage du corps. Par la
supplicatio, rite de la «soumission»,
plutôt que de l’«agenouillement», comme le
suggère une étymologie très discutée,
les Romains entendaient apaiser des divinités dont ils
reconnaissaient par là-même l’incontestable
supériorité.
Le présent ouvrage se propose de définir ce rite
à travers ses acteurs, ses lieux et ses diverses
composantes. En parallèle, il s’agit aussi
d’éclairer les origines controversées
d’un cérémonial traditionnellement
rattaché au ritus Graecus. Très proche de la
supplication «d’homme à homme» avec
laquelle elle partage l’essentiel de ses
éléments rituels, la supplication religieuse semble
avoir été influencée par le ritus Graecus et
les pratiques qui en relèvent, sans revendiquer, pour
autant, une origine grecque. Complexité et contradictions,
aussi, d’une supplicatio qui, en totale rupture avec
l’austérité des rites ancestraux, participe
néanmoins de la très romaine procédure de
procuration. Officiellement attesté depuis le Ve
siècle, ce rite disparaît au dernier siècle de
la République, au moment où, sous l’influence
d’une mentalité nouvelle, se transforme la conception
du prodige romain.
Caroline Février est maître de conférences
de Latin à l’Université de Caen. Ses travaux de
recherche portent essentiellement sur la religion romaine. Sa
thèse de doctorat et plusieurs de ses articles sont
consacrés à l’expiation des prodiges.