Aux origines du goût pour l’estampe
Collectionner les gravures dans l’Europe de la Renaissance (1450-1610)
Nastasia Gallian
- Pages: 356 p.
- Size:210 x 270 mm
- Illustrations:56 b/w, 54 col.
- Language(s):French
- Publication Year:2026
- € 100,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
- ISBN: 978-2-503-61904-0
- Paperback
- Forthcoming (Sep/26)
- € 100,00 EXCL. VAT RETAIL PRICE
- ISBN: 978-2-503-61905-7
- E-book
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Les premiers collectionneurs d’estampes en Europe
Nastasia Gallian est maîtresse de conférences en Histoire de l’Art de la Renaissance et des Temps modernes à Sorbonne Université et au Centre André-Chastel UMR 8150. Ses recherches portent sur l’histoire de l’estampe, et plus particulièrement sur les mécanismes de commercialisation, de consommation et de valorisation des gravures à l’époque moderne.
Si les techniques d’impression d’images furent inventées en Occident à partir de 1400, il fallut plusieurs décennies pour qu’émerge en Europe un public appréciant tout particulièrement l’estampe. Déprécié par les contemporains à cause de son caractère mécanique, associé à la reproduction plutôt qu’à l’invention, ce nouveau medium finit pourtant par s’implanter largement dans les milieux érudits et artistiques de toute l’Europe dès la fin du XVe siècle.
Cet ouvrage s’intéresse à l’une des manifestations de cette large circulation des images imprimées : la naissance des premières collections d’estampes. D’abord semble-t-il le fait de communautés religieuses, la pratique de rassembler des gravures dans le but de les conserver se transmit à la société civile, et notamment aux humanistes, qui inventèrent progressivement des stratégies pour collecter, sélectionner, préserver, mettre en ordre et en scène leurs estampes. Ces collections de la Renaissance étaient animées par deux dynamiques, qui pouvaient se recouper ou non en fonction de la personnalité du collectionneur : d’une part une quête de connaissances, les estampes pouvant véhiculer des savoirs scientifiques touchant aux sciences humaines ou naturelles, et donc trouver place dans les bibliothèques ; et d’autre part, une aspiration esthétique, envisageant les gravures comme des œuvres de délectation pouvant voisiner avec des dessins, des tableaux ou des objets de curiosité dans un cabinet ou une Kunstkammer. Ces pratiques mises au point au cours du long XVIe siècle constituent le fondement des procédés employés par les collectionneurs d’estampes tout au long de l’époque moderne et au-delà.
Remerciements
Introduction
Chapitre I – Modèles archaïques : les livres truffés et les prémices du collectionnisme d’estampes
1. Collecte et usage des estampes dans les communautés monastiques du XVe siècle
2. La sécularisation et l’individualisation des pratiques (dernier tiers du XVe siècle)
3. Persistance des formes archaïques de collecte au XVIe siècle
Chapitre II — La diffusion dans le temps et dans l’espace du collectionnisme d’estampes (v. 1470-v. 1610)
1. Un démarrage timide (v. 1470-v. 1550)
2. Une diffusion accélérée (v. 1550-1610)
Chapitre III — Amateurs et connaisseurs
1. Collectionner en amateur : les critères de sélection des gravures
2. Regarder en amateur
3. Compiler des volumes
4. Collectionner avec méthode : les inventaires de fonds de gravures
Chapitre IV — Collections princières
1. Une géographie et une chronologie particulières
2. Les estampes dans les Kunst- und Wunderkammern allemandes et habsbourgeoises (1560-1612)
3. Les estampes dans les bibliothèques princières
Chapitre V — Les iconothèques d’atelier
1. Présence et conservation des estampes dans les ateliers et les espaces périphériques de création
2. Usages des iconothèques
Chapitre VI — Collections érudites : les gravures comme outils herméneutiques
1. Écrire le temps présent : les collections de gravures d’actualité
2. Collections antiquaires
3. Les collections cartographiques, outils politiques et scientifiques
4. La collection botanique de Felix Platter (1536-1614)
Conclusion
Liste des abréviations
Sources imprimées
Bibliographie
Index
Répertoire des collectionneurs en ligne : https://doi.org/10.1484/A.33002438
