Dans les réserves des
grands musées et dans certaines collections privées
se trouvent une quantité d'œuvres égyptiennes
qui ont été identifiées comme inauthentiques.
L'étude fondamentale du professeur Ludwig Borchardt qui
publia en 1930 un article intitulé Aegyptische
"Altertümer", die ich für neuzeitlich halte, est à
l'origine des recherches qui ont été entreprises par
divers connaisseurs d'art égyptien afin de séparer le
bon grain de l'ivraie. Le sujet est fascinant et certains de ses
plus intéressants aspects n'ont jamais été
révélés. L'histoire des faux, des faussaires
et de leur identification est en effet, par nature, confidentielle.
Les progrès de l'étude de l'art égyptien et
des méthodes scientifiques d'analyse ont engendré,
chez plusieurs conservateurs, des révisions douloureuses de
leurs choix antérieurs. Ils considèrent aujourd'hui
volontiers l'acquisition d'œuvres inauthentiques comme
faisant partie des risques de leur métier.
L'ouvrage est consacré
à l'histoire de cette chasse aux faux et à
l'identification des grands faussaires, tels que Oxan Aslanian, le
"Maître de Berlin", qui dans la première moitié
du 20e siècle a trompé plus d'un conservateur ou
collectionneur. Il se complète par une sélection de
plus de 200 exemples caractéristiques d'œuvres
égyptiennes dont l'inauthenticité est
généralement reconnue. Chaque fois que cela a
été possible, les étapes de leur acquisition,
les expertises préalables à leur achat et les examens
ultérieurs qui ont entraîné leur condamnation
comme faux ont été analysés et
décrits.
Poursuivies depuis plus de vingt
années, les recherches de l'auteur représentent un
bilan unique, mais hélas provisoire, des pièges que
certains individus sans scrupules ont tendus aux conservateurs et
aux amateurs d'art égyptien pour s'enrichir à leur
détriment.