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Studia Sententiarum (SSENT 5)
M. Sorokina
Les sphères, les astres et les théologiens
L’influence céleste entre science et foi dans les commentaires des Sentences (v. 1220-v. 1340)

2 vol., approx. 1300 p., 156 x 234 mm
ISBN: 978-2-503-59086-8
Languages: French
PaperbackPaperback
The publication is in production.The publication is in production. (09/2020)
Retail price: approx. EUR 120,00 excl. tax
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This book is the first exhaustive study of one of the fundamental theory for medieval science: the theory of celestial influence. The analysis of the Sentences commentaries reveals different conceptions of celestial causality and shows the interactions between secular and Christian cosmologies.

Pour la totalité des savants médiévaux, les sphères et astres causent de multiples phénomènes terrestres, des événements météorologiques jusqu’aux changements dans le corps humain. Mais qu’en disent les théologiens ? Ce livre propose la première reconstitution de la théorie de l’influence céleste à partir d’une analyse exhaustive du corpus des commentaires des Sentences (v. 1220-v. 1340). Non seulement ces auteurs adhèrent à la doctrine de la causalité céleste, mais aussi ils prônent une approche originale. D’une part, ils traitent de l’influence « ordinaire », celle des corps supérieurs connus des astronomes : son étendue, ses mécanismes, ses limites. D’autre part, ils dépeignent une influence « hors normes », celle des sphères, des planètes et des étoiles dont l’existence est postulée par la foi chrétienne : le ciel empyrée, demeure des bienheureux, ou les corps célestes métamorphosés par l’Apocalypse. Dotés, à première vue, de propriétés contraires à l’ordre naturel, ces cieux sont néanmoins décrits avec la philosophie naturelle aristotélicienne. La théologie s’adapte donc à la science, mais en renouvelant cette dernière : en englobant le cas des cieux « atypiques », la théorie de l’influence céleste en ressort profondément modifiée. Il s’agit, peut-être, d’une clé pour comprendre l’innovation du savoir scientifique médiéval et, peut-être, pour penser les évolutions scientifiques ultérieures.

Ce livre est la version retravaillée d’une thèse de doctorat distinguée par deux prix : leprix Daniel et Michel Dezès (décerné par le Comité français des sciences historiques sous l’égide de la Fondation de France) et le prix de la Société française d’histoire des sciences et des techniques (SFHST).

Maria Sorokina (docteur, Université Paris-Est, 2017 ; chercheuse postdoctorale, De Wulf-Mansion Centre, KU Leuven) est une historienne des sciences médiévales ; ses recherches portent, en particulier, sur le problème des rapports entre science et foi.

Table of Contents

Introduction. La méthodologie de la recherche. La présentation du corpus de sources.

NB : Les parties I et II portent sur l’influence des corps célestes « ordinaires », reconnus par l’astronomie profane ; les parties II et III sont consacrées à l’influence « hors normes », celle des corps célestes dont l’existence est postulée par les théologiens.

Partie I : Une influence céleste « ordinaire ». Les corps célestes comme causes

Chapitre 1 :  An sit ? L’existence de l’influence céleste. Les arguments d’usage en faveur de la causalité céleste et leur remplacement par de nouvelles preuves.

Chapitre 2 : Qualis sit ? Les classifications des influences célestes. Les typologies différentes des influences célestes (en fonction de l’époque et de l’école de pensée) poursuivent un objectif double : distribuer les rôles entre les corps célestes ; les inscrire dans le système de causes, entre Dieu et les causes terrestres.

Chapitre 3 : Quomodo sit ? Les modalités de l’influence céleste. Au cours des XIIIe-XIVe siècles, la répartition des rôles entre les différents agents de la causalité céleste change. D’une part, les commentateurs distinguent les effets produits par les intelligences motrices des sphères et les effets produits par les corps célestes eux-mêmes. D’autre part, en traitant des pouvoirs des sphères et aux astres, ils parlent d’une triade de modalités d’influence : la lumière, le mouvement et une « vertu ».

Section (chapitres 4-7) : l’influence céleste et ses limites

Chapitre 4 : L’influence céleste dans le monde supralunaire. Tout en affirmant que le ciel est impassible, les commentateurs expliquent comment l’influence d’un astre parvient jusqu’ici-bas, sans altérer les sphères célestes intermédiaires.

Chapitre 5 : Les corps célestes face aux causes secondes. Bien que le ciel agisse d’une façon nécessaire, ses effets sont rendus contingents par l’intervention des causes terrestres. Rapports entre les causes premières et les causes secondes.

Chapitre 6 : Les corps célestes et les êtres vivants : l’origine des âmes corruptibles. Une discussion sur l’origine des âmes des plantes et des animaux : doivent-elles leur existence aux corps célestes, à leurs anges-moteurs ou à Dieu ?

Chapitre 7 : Le libre arbitre face à l’influence céleste : la théorie de l’inclinatio. Grâce à son libre arbitre, l’homme échappe au fatalisme astral ; cependant, le ciel peut l’« incliner » à faire tel ou tel choix, en agissant sur son corps. L’élaboration et l’évolution de cette théorie.

Partie II : Une influence céleste « ordinaire ». Les corps célestes comme signes

Chapitre 8 : Ut sint in signa et tempora. Les signes peuvent-ils être des causes ? Selon le livre de la Genèse, les corps célestes ont été créés pour être les signes. Quel est le sens exact du terme « signe » dans ce contexte, selon les commentateurs ?

Chapitre 9 :« Les signes dont l’observation est une vanité ». L’astrologie dans les commentaires des Sentences. Dans quels cas, l’observation des signes célestes est-elle licite et dans quels cas, est-elle proscrite ? La polémique anti-astrologique et les horoscopes reconnus légitimes.

Partie III : Une influence céleste « hors normes » : le cas du ciel empyrée

Chapitre 10 : Le ciel empyrée : l’existence et la causalité en question. Une « invention » du ciel empyrée et les étapes principales dans la discussion sur son influence.

Chapitre 11 : Un ciel pour la vie présente ou pour la vie future ? L’empyrée peut-il agir sur les corps terrestres, bien qu’il soit créé pour devenir demeure des bienheureux ?

Chapitre 12 : L’immobilité, l’obstacle principal à l’influence de l’empyrée ? Conformément à la théorie « classique » de l’influence céleste, seuls les corps célestes mobiles peuvent produire des effets ici-bas. Des solutions permettant d’attribuer une influence à l’empyrée immobile.

Chapitre 13 : Une lumière sans rayons, une autre menace pour l’influence de l’empyrée ? Les corps célestes « ordinaires » agissent sur le monde inférieur avec leurs rayons lumineux ; or, la lumière de l’empyrée n’est pas rayonnante. L’idée de la nécessité des rayons pour l’influence céleste est donc remise en cause.

Section : Les effets de l’empyrée (chapitres 12-15)

Chapitre 14 :Pour l’influence de l’empyrée : cadre général de l’argumentation. Les arguments principaux en faveur de l’influence de l’empyrée.

Chapitre 15 : L’empyrée comme lieu de l’univers. Une preuve incertaine de l’influence de l’ultime sphère. Selon la physique aristotélicienne, le lieu naturel d’un corps est doté du pouvoir de le maintenir en vie. L’empyrée peut-il être considéré comme lieu naturel de l’univers entier ?

Chapitre 16 : L’empyrée et les autres sphères. Une hypothèse rare consiste à dire que l’empyrée n’agit pas sur les corps inférieurs, mais sur d’autres corps célestes, en leur communiquant la lumière, le mouvement ou la vertu active.

Chapitre 17 : L’empyrée et et la vie humaine : la lumière de l’ultime sphère dans l’union de l’âme et du corps. Une théorie attribue à la lumière de l’empyrée le rôle d’intermédiaire entre l’âme rationnelle et le corps humain.

Chapitre 18 : Le sel à Poitiers, les lions en Afrique et d’autres effets d’un ciel immobile. D’après quelques commentateurs, certains phénomènes ne peuvent pas être expliqués par l’influence des corps célestes mobiles et doivent donc leur existence à l’empyrée : la génération perpétuelle des métaux, celle d’une espèce d’animaux dans une région précise etc.

Partie IV : Une influence céleste « hors normes » : les corps célestes à la fin des temps

Chapitre 19 : Le monde supralunaire à la veille de l’Apocalypse. Selon les commentateurs, à la veille de l’Apocalypse, les astres exerceront deux tâches : celle des signes annonciateurs du Jugement denier et celle des causes de l’incendie universel.

Chapitre 20 : Lux solis erit septempliciter. La lumière accrue des derniers temps. Selon les livres prophétiques, la lumière céleste augmentera à la fin des temps. Comment, selon les commentateurs, cela peut-il modifier l’influence céleste ?

Chapitre 21 : Les corps célestes doivent-ils s’arrêter ? Le repos du ciel comme nécessité ? Selon les Sentences de Pierre Lombard, le ciel s’arrêtera à la fin des temps. Les commentateurs cherchent à savoir ce qui est justifié cette immobilité céleste.

Chapitre 22 : Les corps célestes peuvent-ils s’arrêter ? Le repos du ciel comme possibilité ? Comment les corps célestes peuvent-ils cesser de se mouvoir, étant donné qu’Aristote croyait leur repos impossible ?

Chapitre 23 : Immobilité céleste, immobilité terrestre ? Selon Thomas d’Aquin, l’arrêt des corps célestes rendrait impossible tout changement ici-bas. Défendue par plusieurs commentateurs, cette théorie est abandonnée vers la fin du XIIIe siècle pour de multiples raisons.

Chapitre 24 :La fin des temps comme fin d’un cycle cosmique. La position des corps célestes après le Jugement dernier. Les corps célestes s’arrêteront-ils là où ils ont été créés ? Les commentateurs expliquent pourquoi cela est peu probable.

Chapitre 25 : Le meilleur des mondes. L’ici-bas après l’arrêt des corps célestes. L’univers post-apocalyptique doit être le plus parfait ; selon les commentateurs, les corps célestes participent à la création de ce meilleur des monde par leur nouvelle influence.

Conclusion. Une adaptation réciproque de la physique et de la théologie

Interest Classification:
Medieval & Renaissance History (c.400-1500)
Medieval European history (400-1500) : main subdisciplines
Cultural & intellectual history

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