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J.-F. Goudesenne
Émergences du Chant Grégorien : Les strates de la branche Neustro-insulaire (687-930)

2 vol., approx. 530 p., 44 b/w ill. + 42 colour ill., 216 x 280 mm, 2018
ISBN: 978-2-503-57978-8
Languages: French
PaperbackPaperback
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Soucieux de réconcilier l’érudition grégorienne avec les travaux des liturgistes et des philologues, Jean-François Goudesenne étudie la genèse du chant grégorien et offre l’hypothèse d’une première phase franco-insulaire qui était enracinée dans l’ancienne Neustrie mérovingienne, vivifiée par les apports monastiques irlandais et ensuite associée avec des foyers carolingiens piémontais et lombards. Cette hypothèse lui permet de reconstruire la genèse d’un chant grégorien décliné au pluriel, en lien avec d’autres branches. Comme l’écriture caroline, le chant grégorien fut «fabriqué», comme une mosaïque, par étapes progressives, non depuis un centre unique mais à partir de plusieurs matrices. Les multiples interférences de l’oralité sur l’écriture, la nature spécifique des textes chantés, et les fonctions des manuscrits liturgiques permettent à l’auteur de déceler ses réécritures successives et de se dégager des dogmes hérités de la vision néo-lachmanienne de l’historiographie des XIXe et XXe siècles, d’un original unique à deux branches opposées, les types lotharingien et alémano-germanique de la période ottonienne.

S’appuyant sur les ressources de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (Paris) et les programmes de recherche qu’il y mène depuis plus de quinze ans, Jean-François Goudesenne revisite les aires culturelles européennes, en inscrivant « l’émergence grégorienne » comme une acculturation évolutive dans un schéma généalogique qui est bien plus complexe qu’une simple transmission linéaire. L’auteur s’oppose aux méthodes des entreprises bénédictines des années 1930-1960, aux restitutions de l’école post-cardinienne, ou encore à la théorie d’un improbable «antiphonaire de Charlemagne» de Levy. Il s’inscrit plus volontiers dans la lignée des travaux de Treitler, Van der Werf, Bernard, Saulnier ou Jeffery. L’abandon du «mythe grégorien» ainsi que des notions équivoques d’auteur et de texte ouvre donc de nouvelles perspectives – des répertoires «en transition» entre les modèles romains, insulaires, francs et italiques et des usages locaux plus différenciés – qu’une nouvelle histoire du chant grégorien ne peut plus ignorer.

Depuis 1999, Jean-François GOUDESENNE est chargé de recherche à la section de musicologie de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (CNRS), fondée en Orléans par Michel Huglo en 1979. Il se spécialise dans le domaine des chants liturgiques latins de l’époque carolingienne. Après l’étude des historiae de la Province de Reims (Brepols 2002), l’édition de l’office de saint Denis et le fac-similé d’un antiphonaire de Saint-Omer, suivis de nombreux articles de colloques (dont Cantus Planus) et de revues, il a passé de nombreuses années au catalogage des fonds de manuscrits des bibliothèques du Nord de la France, et aux recherches sur le chant grégorien et sa transmission dans l’espace Nord-Ouest européen. Il anime séminaires et stages de musicologie médiévale, dans une perspective souvent interdisciplinaire autour de la liturgie et de l’histoire des arts, au Centre Européen de Conques, à Chartres, Tours et Paris, en partenariat avec des collègues chanteurs et directeurs d’ensembles spécialisés dans les musiques médiévales.
Interest Classification:
Fine Arts & Performing Arts
Musicology
History of musical forms

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