Ce livre retrace l’histoire d’une parenté déviante et pourtant modélisante, racontée, répétée et représentée inlassablement à la fin du Moyen Âge. Pour tenter de définir la parenté hagiographique médiévale – notion qui s’avère d’emblée paradoxale tant cette l’hagiographie vise à minimiser l’importance des liens de parenté terrestres au profit des liens spirituels – cette étude prend le parti de confronter vitae et images, autour de la Légende dorée et de l’ensemble des miniatures qui ornaient ses manuscrits de la fin du XIIIe à la fin du XVe siècle. Se pose la question de la manière dont le parcours vers la sainteté fait se jouer en creux – en fonction du type de support, du contexte historique et du genre du saint – la géographie des liens de parenté médiévaux, biologiques, quotidiens ou fictifs, et de comment une forme de pseudo-parenté peut s’établir entre saints et fidèles dans les images de dévotion.