Tout comme Nicéphore Grégoras,
Théodore Dexios, moine et probablement aussi prêtre, fut condamné au
concile de 1351, où, sous l'œil bienveillant de l'empereur
Jean VI Cantacuzène, la doctrine de Grégoire Palamas avait été
officiellement reconnue. Pendant les années qu'il passa en prison,
dans l'attente d'un appel qui n'aboutit jamais, Dexios
rédigea un long discours, dénonçant âprement le parti pris dont
l'empereur avait fait preuve dès avant le concile.
Au début de 1355, après l'abdication forcée de Jean VI, Théodore
retrouva sa liberté mais son bonheur fut de courte durée puisque, peu
après, le front anti-Palamite qui jusque-là avait été assez solide, se
divisa sur la question de la nature de la lumière que les apôtres
avaient vue lors de la Transfiguration. Dexios maintenait que cette
lumière ne venait pas de l'extérieur mais émanait du Christ
lui-même; d'autres lui reprochaient de ne pas vouloir admettre
qu'il s'agissait d'une lumière créée et de se rapprocher
ainsi de l'ennemi commun, Grégoire Palamas. Touché par ces
critiques, Dexios s'est défendu dans deux longues lettres et un
traité de dimensions plus modestes.
Les manuscrits ne donnent pas le nom de l'auteur ni du discours
d'appel ni des trois écrits dans lesquels il expose son différend
avec ses anciens partisans, mais M. Polemis a apporté de nouvelles
preuves en faveur de l'attribution à Théodore Dexios. Inconnues
jusqu'à ce jour à quelques extraits près, les oeuvres de ce dernier
permettent une autre approche du concile de 1351 et du conflit qui mit
rompit l'unanimité au sein de l'opposition anti-Palamite.
Ajoutons que le récit d'une visite inattendue de ceux qui
partageaint son opinion et venaient d'apprendre les reproches
qu'on lui faisait, est d'une vivacité surprenante et témoigne
du talent littéraire de Dexios.