L’édition critique de Maxime le
Confesseur s’est enrichie de deux nouveaux textes: les Ambigua ad
Thomam et l’Epistula secunda ad eundem. Le premier de ces écrits,
qui fait l’exégèse de quatre passages difficiles de Grégoire de
Nazianze ainsi que de la lettre 4 du Pseudo-Denys, date de 634 environ,
étant de peu postérieur à l’union promulguée par Cyrus
d’Alexandrie entre Chalcédoniens et Monophysites, qui déclencha
publiquement la querelle du monoénergisme. La christologie de Maxime
est déjà très claire, mais il s’exprime encore avec une certaine
prudence. Son vocabulaire aussi n’a pas encore la précision
qu’il aura plus tard, ce qui amènera d’ailleurs un copiste
postérieur à corriger le texte du Confesseur en deux endroits (Amb. Ad
Thomam V, 163 et 166 ; voir aussi l’introduction p. CXII-CXIII) ;
cette ‘correction’ apportée au maître a laissé sa trace
dans six (sur une quarantaine) des manuscrits qui nous sont parvenus.
L’Epistula secunda au même Thomas, dont la rédaction suit
certainement de peu celle des Ambigua, reprend deux exégèses de
Grégoire et celle du Pseudo-Denys. A la demande de Thomas, Maxime a en
effet exprimé plus clairement encore sa pensée. Cette lettre –
qui n’est pas conservée en entier et n’est guère transmise
que par trois manuscrits, tous fragmentaires – n’avait
jamais été éditée en même temps que le texte qu’elle entend
clarifier. Dans son édition très soignée, M. Bart Janssens fournit donc
pour la première fois l’occasion d’étudier les deux écrits
dans le même volume.