Depuis l'édition de Hugues Ménard
(1638), peu d'historiens s'étaient intéressés aux travaux
littéraires de Benoît d'Aniane (+ 821), et tout particulièrement à
la Concordia regularum, compilation dans laquelle chaque chapitre de la
Règle de saint Benoît est éclairé par les passages concordants
d'autres textes normatifs. Ainsi, la présente édition a pour but de
mettre en valeur l'extraordinaire travail de réception des
anciennes règles monastiques réalisé par Benoît d'Aniane, puisque
c'est par son intermédiaire que nous possédons la presque totalité
de ce corpus de règles. Cette nouvelle édition, accompagnée de quatre
apparats et basée sur six manuscrits, plusieurs fragments, deux témoins
indirects et l'ouvrage de H. Ménard, propose un texte révisé par
rapport à la précédente édition. En outre, une introduction de plus de
200 pages offre un portrait de Benoît d'Aniane et retrace
l'histoire de la composition, de la diffusion et de la destination
de la Concordia à partir du Corpus regularum de Benoît d'Aniane,
dont le Codex regularum de Saint-Maximin de Trèves et la Concordia
regularum sont les seuls témoins.
« On ne
saurait trop souligner l’impeccable érudition de ces deux
volumes… P. Bonnerue a parfaitement compris et démontré que cette
œuvre, qui recopie pour l’essentiel des textes
s’échelonnant du IVe au VIIe siècle, était avant tout un monument
représentatif des idéaux monastiques de Benoît d’Aniane, et par
conséquent un ‘document’
carolingien. »
(P. Henriet,
dans : Revue Mabillon, 14, 2003, p. 292-293)