Le dominicain et inquisiteur Etienne de Bourbon
(Belleville-sur-Saône, v. 1190/1195 – Lyon, v. 1261)
composa à la fin de sa vie dans son couvent de Lyon le
Tractatus de diuersis materiis predicabilibus, le plus
important recueil médiéval de matériaux
destinés aux prédicateurs. Etienne y propose en effet
quelque trois mille récits (exempla), sans compter
les nombreuses comparaisons empruntées au monde naturel et
aux réalités de son temps. Il offre aussi des
arguments d’ordre théologique et moral
(rationes) et des citations (auctoritates).
Le Tractatus est organisé selon les dons du
Saint-Esprit. Son auteur ayant été surpris par la
mort, les deux derniers dons n’ont pas été
traités. Mais l’ensemble de la vie chrétienne y
est abordé puisque le premier don est consacré aux
fins dernières, le deuxième au Christ, à la
Vierge et à la miséricorde, le troisième
à la pénitence et à ses œuvres, le
quatrième aux péchés capitaux, le
cinquième aux vertus de prudence, de tempérance et de
force. Le sixième don aurait dû être
consacré aux dogmes et aux articles de foi, et le
septième à l’amour de Dieu
L’édition précédente (A. Lecoy de la
Marche, Paris, 1877) était très abrégée
puisque n’offrant que les récits personnels
d’Etienne de Bourbon ou que celui-ci avait appris directement
de ses contemporains. Ainsi, pour la première partie du
traité, 15 % de la seule matière narrative fut
éditée. Cette nouvelle édition est
intégrale. Elle offre aussi pour chaque exemplum et
chaque comparaison un résumé détaillé
en français, et l’indication des sources et textes
parallèles. Un index des matières permet de se
repérer aisément dans les récits.
Ce volume propose l’édition, par J. Berlioz et
J.-L. Eichenlaub, du prologue et de la première partie du
traité, placée sous le don de crainte. Y sont
traités : la crainte de Dieu ;
l’enfer ; le purgatoire ; le jugement
dernier ; la crainte de la mort, du péché, des
périls présents. Y apparaissent 428 récits et
comparaisons, empruntés aux sources les plus diverses, et
témoignant de l'interaction entre une culture
« populaire » et une culture lettrée,
latine et cléricale.
« Le Tractatus d’Étienne
de Bourbon est sans doute l’un des plus intéressants
recueils d’exempla
que nous ait laissé le moyen âge, non seulement par
son ampleur, mais surtout grâce à la
personnalité de son auteur qui a semé son
traité de nombreux souvenirs de son activité de
prédicateur et d’inquisiteur… une source de
premier ordre pour l’histoire de la pastorale au XIIIe
siècle.»
(L.-J.
Bataillon, in : Revue des sciences philosophiques et
théologiques, 88, 2004, p. 210)
« fort savante et utile édition, dont on
souhaite qu’elle continue et s’achève au plus
vite. »
(J.
Longère, in : Revue d’histoire de
l’église de France, 89, 2003, p.
473)
« La présente édition […] est
à tous égards satisfaisante et rendra aux historiens
les services attendus. »
(J. Verger,
in : Revue d’histoire ecclésiastique, 101, 2006,
p. 237)