À partir des années 1950, les recherches portant sur l'Antiquité, qu'on l'appelle "classique" ou non, associent de plus en plus à leur démarche les méthodes et les apports de l'anthropologie.
Dans ce contexte, l'étude des sociétés anciennes se construit le plus souvent dans un rapport à cet objet qui repose tantôt sur le registre du proche, tantôt sur celui du lointain. D'un côté, par un lien de proximité jamais rompu, nous serions les héritiers des Anciens qui nous auraient transmis pour étude, et comme legs, des institutions politiques, des valeurs morales, des codes esthétiques, des conceptions de l'autre, des modes de pensée, des manières d'agir, de donner, de souffrir, d’aimer. D'un autre côté, les Anciens seraient toujours à distance, dans le lointain, parce que nous sommes séparés de leurs expériences non seulement par un écart temporel qui tient du temps long, mais aussi par un ensemble de ruptures, "renaissances" ou "redécouvertes", qui nous font appréhender les Grecs, les Romains et ceux avec lesquels ils sont entrés en contact comme profondément autres. À ce lointain imposé par les conditions historiques s'ajoute la mise à distance opérée par le savant vis-à-vis de son objet, de manière à mieux en dégager la singularité. Le questionnement anthropologique est, en lui-même, porteur d'un "regard éloigné".
L'objet de cette collection est de tracer le cheminement d'une nouvelle anthropologie de l'Antiquité, en devenir, et de formuler quelques-unes des questions qu'elle permet de poser, dans des domaines précisément circonscrits, de manière à renouveler à la fois les approches et les connaissances.
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